Visiter Tana: Circuits pédestres
La Ville Haute :
Plusieurs circuits pédestres peuvent être réalisés pour découvrir l’histoire et la richesse de la Ville Haute d’Antananarivo.
On prend le Rova de Manjakamiadana ou le Palais de la Reine, qui se trouve sur la colline la plus élevée (Anatirova : 1.431m) où se dressent les palais royaux, comme point de départ. L’endroit est majestueux malgré que le Rova soit en reconstruction suite à un incendie qui l’a ravagé en 1996. C’est l’endroit le plus élevé de toute la région d’Antananarivo et la construction s’est fait en deux étapes : en 1839, Jean Laborde a bâti un palais en bois pour la Reine Ranavalona I et toute l’architecture se reposait sur un énorme pilier de palissandre long de 39 m, et en 1867, James Cameron a conçu la maçonnerie de pierre qui couvre toute l’œuvre de Jean Laborde. La proximité du Rova offre plusieurs points de vue sur la ville basse, Mahamasina, Anosy et le lac jusqu’à la plaine de Betsimitatatra, le parc zoologique et botanique de Tsimbazaza.
Antananarivo (Tananarive) est aussi appelée Vohitsara, « cité de beauté ». Edifiée sur l’une des douze collines historiques de l’Imerina, la capitale malgache domine la plaine du Betsimitatatra, un paysage de rizières irriguées par le Laniera et l’Ikopa. Ses différents quartiers s’étagent à flanc de couteau dans un dédale d’escaliers,de ruelles, de ponts et de passerelles, composant un vaste ensemble où le rouge et le vert dominent. Si on prend la route en pavé vers le sud du Rova, elle aboutit à Ambohipotsy : Temple de 150 ans d’Ambohipotsy, superbe vue surtout le sud de Tana et à l’horizon, le Palais Présidentiel d’Iavoloha. La pergola d’Ambohipotsy possède une table d’orientation. On peut ainsi identifier les collines sacrées et mesurer combien les rizières et la ville s’interpénètrent. Les escaliers de ce côté sud du Rova peuvent aboutir soit au parc zoologique et botanique de Tsimbazaza, soit à Ankadilalana ou Mahamasina Atsimo, soit du côté du flanc est de la colline à Manakambahiny.
En prenant la route d’où on vient, on a d’abord le quartier Ambavahadimitafo : un chemin empierré, à l’est de la place d’Andohalo, conduit à Ambavahadimitafo, la «porte couverte». Largement restaurée mais très pittoresque, c’est la seule des sept portes de la veille ville fortifiée encore debout. Derrière l’école Flacourt, on peut encore voir le fossé qui la défendait. Dans la rue Ravelojaona, se découpe la structure massive du Palais d’Andafiavaratra («en dehors du Rova au nord»), celui du première ministre Rainilairivony. Cette imposante construction de brique et de pierre, coiffée d’un dôme de verre, fut édifiée en 1872 sur les plans du Britannique William Pool en lieu et place du magnifique palais en boisà deux étages construit par Rainiharo. Après 1895, le palais d’Andafivaratra devint tour à tour caserne, tribunal, Ecole des beaux–arts, ateliers d’arts appliqués malgaches, bureau du président de République (1958-1972), puis du premier ministre (1972-1975). Ravagé par un incendie en 1975, il a été restauré et abrite un musée où sont exposés les meubles et autres reliques sauvés du Palais de Manjakamiadana.
Le palais de justice de Ranavalona II dresse sa silhouette néoclassique au lieu-dit Ambatondrafandrana (la «pierre des Rafandrana», du nom des trois premiers rois d’Antananarivo). Ce monument construit par Parret en 1881 remplaça une pierre sur laquelle les anciens rois prononçaient des discours et rendaient la justice. Son fronton, soutenu par des colonnes ioniques, est orné d’un motif sculpté dont les deux lances croisées symbolisent la justice royale.
Vient ensuite le quartier d’Andohalo : ses belles maisons anciennes, les églises, les temples et les écoles de ce quartier évoquent l’époque où les hauts dignitaires de la cour, les familles princières et les résidents étrangers y logeaient. Aménagée au début du XVIIIème siècle par le roi Andriamasivalona au creux d’un vallon, la Place d'Andohalo (actuelle Kianja Repoblika Malagasy et qui vient d’être complètement réhabilité) fut longtemps le centre animé de la capitale. Après Andohalo, on peut prendre la route en pavé et en forte pente d’Imarivolanitra pour atteindre le quartier d’affaires d’Antaninarenina caractérisé par des boutiques de bijouterie et joaillerie, de restaurants et hôtels de luxe, la Place de l’Indépendance et descendre l’escalier menant au Zoma d’Analakely.
La ville basse :
Tandis que le quartier commerçant d’Analakely conservait son architecture coloniale, deux grands ensembles de bâtiments administratifs ont été édifiés près du lac Anosy et à Antaninarenina, et une tentative d’aménagement harmonieux a pris corps avec les logements populaire des 67–Hectares. En 1997,le centre ville d’Ambohidahy à Analakely, à été entièrement rénové avec le concours du Japon, et un palais national des Sports et de la Culture, construit avec celui de la République populaire de chine, a été inauguré à Mahamasina. Antananarivo pourrait devenir une très belle ville si cet effort de reconstruction se poursuit.
On peut commencer le circuit à partir de la Gare de Soaranoqui et d’ailleurs le PK0 de Madagascar. En remontant l’avenue de l’Indépendance, on a déjà droit à quelques monuments et les boutiques sous les arcades offrent quelques produits artisanaux, de même que les pavillons en brique situé en face de l’esplanade. Certes, le Zoma n’existe plus mais il y a toujours quelques kiosques pour faire les emplettes : maroquinerie, statues, petites marmites, … On y trouve aussi le grand poste d’Analakely, le siège de la compagnie aérienne nationale, d’autres boutiques, des banques, agences de voyages, pharmacies, librairies et la bibliothèque municipale.
Le soir, surtout durant le week-end qui commence par le « Zoma mahafinaritra » (vendredi soir magnifique), de nombreux malgaches viennent y stationner en exhibant leurs bouteilles évoquant un bar populaire à ciel ouvert. Sous les arcades de droite, des artisans proposent des souvenirs en tout genre : jeux traditionnels, des bijoux, solitaires, pierres, statuettes, copie de sculptures, broderies, et épices dont la vanille. Les cartes postales se trouvent dans une boutique juste à la montée de l’escalier d’Antaninarenina, à des prix imbattables.
Ce circuit aboutit forcément à Anosy, aisément repérable par son lac entouré de jacarandas et par l’Hôtel Carlton. Le tour du lac est une promenade agréable et au centre, se trouve un monument dédié aux combattants de la Première guerre mondiale. Juste à côté, se dresse un ensemble de bâtiments administratifs : le ministère des affaires étrangères, celui de l’enseignement, de l’intérieur, de la police nationale, les locaux de la chaîne nationale (Tv et radio), le tribunal d’Anosy, et à côté de l’Hôtel Carlton, se trouve la Bibliothèque Nationale avec des conservateurs accueillants et compétents. Mais avant de passer par Anosy, il ne faut pas oublier d’admirer l’architecture du Collège Saint-Michel.
Le circuit peut passer aussi par Tsaralalàna, le quartier des indo-pakistanais et comoriens où en trouve des épiceries, quincailleries, bazars comme dans les années 60. Les mouvements de population entre l’Inde, le Pakistan et Madagascar sont anciens.
Les chinois aussi sont une communauté influente dans le commerce local et le quartier se trouve notamment à Behoririka, ou à Ambodifilao avec des magasins de photo, restaurants, gargotes et épiceries.
Mais les quartiers populaires méritent aussi un détour. Sur le marché d’Isotry, on trouve d’autres produits artisanaux issus du bois, de la vannerie, nattes et paniers entre autres, ou d’autres produits fruitiers ou des tissus, notamment le fameux « lambahoany » (à offrir aux femmes malgaches !). Le marché des 67ha (Marché Coum) offre notamment du mobilier en tout genre fait en bois (même en bois précieux). Pour le marché d’Ambilanibe, ce sont surtout du mobilier en bambou (très beau et très résistant).
