Croissance économique et développement économique
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I. RESULTAT ECONOMIQUE ET FINANCIER POUR 2008
Le taux de croissance pour l’année 2008 est estimé à 7,1% malgré la conjoncture économique mondiale assez défavorable et les impacts négatifs des deux cyclones. Une hausse de 0,9 point a été enregistrée par rapport à l’année 2007. Cette croissance pour 2008 est soutenue par l’accroissement des investissements privés, notamment des Investissements Directs Étrangers (IDE). Le taux d’investissement est de 36,0% du PIB dont 25,7% est apporté par le secteur privé et 10,3% par le secteur public. La part des IDE dans le secteur privé est de 16,3%. Les deux plus grands projets miniers (QMM et SHERRIT) ont déjà des impacts sur la croissance économique du fait qu’ils ont déjà entamé les travaux de construction des infrastructures. De plus, la création d’environ 1300 entreprises et l’entrée de 185 Millions USD d’IDE, ainsi que le développement des secteurs porteurs y afférents, tels que le BTP et les matériaux de construction, ont contribué à la stimulation de cette croissance.
Malgré l’impact des cyclones Ivan et Fame au début de l’année 2008 sur l’agriculture, le taux de croissance du secteur primaire s’est amélioré en passant de 2,2% en 2007 à 3,1% en 2008. L’agriculture contribue le plus au développement du secteur avec un taux de 4,5%. Le développement du secteur agricole est essentiellement expliqué par la maîtrise de la période de soudure grâce à la culture de contre saison. Le secteur secondaire contribue à la croissance du PIB à un taux de 8,8%. La hausse de la production constatée dans ce secteur est induite principalement par le développement de la branche « Énergie » affichant un taux de croissance de 12,0% contre une réalisation de 5,6% en 2007, grâce à la construction de centrales électriques. La croissance dans ce secteur est aussi tirée par les importantes activités des industries extractives (9,0%), stimulées par la hausse des prix de leur output de 59,7% et d’une augmentation de la demande au niveau national, malgré une suspension temporaire de la production et des exportations au début de l’année. Le secteur tertiaire est à l'origine de la plus grande partie de la croissance du PIB avec un taux de 8,9%. Le développement de la branche BTP contribue le plus à la hausse de la production de ce secteur avec un taux de 24,0% contre 21,8% en 2007. Ceci est du principalement à la mise en place des infrastructures hôtelières pour accueillir le sommet de l’Union Africaine à Madagascar qui se traduit notamment par la consommation de ciment.
La conjoncture économique mondiale est marquée par la hausse du prix du pétrole et du riz sur le marché international agissant sur le niveau d’inflation domestique. En effet, l’inflation mesurée par la variation de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC) est de 11,0% en fin de période contre une  prévision initiale de 10,0%. En outre, des variations de prix des produits locaux ont été enregistrées : pour le riz, elle a été de -8,4% entre décembre 2007 et juin 2008 ; +5,3% entre juin 2008 et août 2008. La variation du prix des produits vivriers non transformés est plus rapide et plus importante tandis que celle des Produits de Première Nécessité (PPN) et les produits vivriers transformés ont varié de façon modeste. Les prix des produits alimentaires influent le plus sur le rythme de l’inflation. Ils ont en effet une pondération élevée de 36,0% dans l’indice des prix à la consommation. Toutefois, des mesures budgétaires telles que : l’exonération du TVA sur le riz, la politique de subvention des transports et une politique monétaire prudente ont été adoptées afin de maîtriser l’inflation,... Les efforts entamés dans la réforme des finances publiques se poursuivent pour le deuxième semestre 2008 dont principalement le renforcement du système de contrôle interne et externe, l’amélioration du reporting budgétaire, le renforcement de la préparation budgétaire, le renforcement et le développement des activités de l’administration fiscale et de l’administration douanière.La Loi de  Finances Rectificative 2008 prévoit une hausse de la masse budgétaire à 3 422,3 milliards d’ariary contre 2 570,0 milliards en 2007. L’objectif primordial des finances publiques demeure la réduction des tensions inflationnistes et la protection des couches vulnérables. Ce qui se traduit par les différentes mesures prises tant en matière de ressources que de dépenses. Il y a principalement la hausse des crédits budgétaires, la hausse du niveau des recettes fiscales et l’exonération de TVA sur le riz et le pétrole importés. En vue de préserver le déficit, l’administration respecte la politique de soutenabilité de la dette, tant en endettement intérieur qu’extérieur. En effet, l’année 2008 est celle des négociations pour les allègements, voire annulations de dettes avec les partenaires financiers. Si les ressources intérieures sont essentiellement affectées aux dépenses prioritaires, le recours de l’Etat au financement monétaire reste toujours à un niveau constant. Aussi, avec une légère augmentation du niveau des dépenses ainsi que des recettes, le déficit budgétaire s’établit à 4,5%. En matière de ressources, les recettes budgétaires sont estimées à 1 978,5 milliards Ariary dont 1 931,6 milliards Ariary de recettes fiscales. La performance des administrations fiscales et douanières conduit à estimer le taux de pression fiscal à 12,0% contre 11,4% en 2007. Cependant, les mesures prises en 2007 ont des retombées positives sur l’exercice 2008 et le taux de pression fiscale sera de plus soutenu par les recettes fiscales escomptées des activités du secteur minier, par le renforcement des actions en recouvrement des arriérés fiscaux et par l’extension des activités fiscales en région. Sur les aides extérieures, des dons et appui budgétaire ont été reçus dans le courant 2008 permettant ainsi à l’Etat d’assouplir les contraintes de la politique budgétaire et la maîtrise de l’inflation. En matière de réalisation, le niveau global des dépenses est estimé à 3 481,6 milliards Ar. L’accroissement est principalement au niveau des ressources propres internes qui a permis d’assurer les dépenses prioritaires. Les réalisations du premier semestre 2008 montrent un rythme d’exécution budgétaire assez faible. Les facteurs bloquant étaient le retard de mobilisation de crédits, le retard pris dans la nomination des ordonnateurs secondaires et gestionnaires d’activités (GAC) tant au niveau de l’administration centrale que dans les régions, la non-maîtrise des règles de passation des marchés publics, ainsi que le manque de prévisibilité sur les financements extérieurs. Toutefois, la perspective pour fin 2008 devrait s’améliorer suite à des mesures adoptées par le Gouvernement pour activer l’amélioration de l’exécution budgétaire et étant donné qu’aucune coupe budgétaire ne sera prévue cette année. Ainsi la consommation des crédits sur le dernier trimestre 2008 se rapproche des régulations et à la limite celles-ci sont respectées.
Bien que le compte courant soit déficitaire de l’ordre de 24,7% du PIB contre 14,6% en 2007, la balance globale pour l’année 2008 aura encore un profil excédentaire. Ce déficit est occasionné par la hausse des importations, en terme de DTS, au cours du premier semestre 2008 et entraînant une détérioration, relativement importante, des termes de l’échange par rapport à 2007. Compte tenu de l’appréciation de l’Ariary et de la perte de compétitivité, les exportations en termes de DTS croitront de 6,6 % si la hausse était de 13,8% en 2007. Ainsi, la balance commerciale est déficitaire de 20,9% du PIB contre 13,6 % en 2007. Néanmoins il convient de noter que les transferts courants ont contribué à contenir ce déficit. Aussi, en 2008, les réserves officielles équivalent à 2,5 mois d’importations et l’excédent de la Balance globale est prévue à 95 millions de DTS. Le taux de change affiche une forte appréciation de l’Ariary en terme nominal ainsi qu’en terme réel pour atteindre, du début janvier à août 2008, une variation de 7,5% par rapport à l'Euro et 10,2% par rapport au dollar. A l’origine de ce comportement de l’ariary, il y a l’afflux de devises effectué par les grandes sociétés minières QMM et SHERRITT.
II. PERSPECTIVES ECONOMIQUES 2009
Madagascar entre dans la troisième année de mise en oeuvre du MAP (Madagascar Action Plan), et s’attèle pleinement à l’atteinte des objectifs fixés consistant à réduire le taux de pauvreté à 50%, et à assurer un PIB par habitant annuel de plus de 560 dollars d’ici 2012.Les objectifs de développement économique dans le MAP s’alignent à la vision « Madagascar Naturellement » et aux Objectifs du Millénaire pour le Développement
Le taux de croissance du PIB pour l’année 2009 est estimé à 7,5%. Cette croissance s’explique surtout par l’essor du secteur agricole et des activités liées à la construction dans le cadre du Sommet de l’Union Africaine, le lancement de la production et donc l’exportation dans les grands projets miniers notamment QMM à Taolagnaro. Cette croissance sera tirée par le secteur secondaire grâce à l’expansion de la construction métallique et aussi des matériaux de construction, et par le développement des industries extractives. Les investissements restent le moteur de la croissance, et sont essentiellement apportés par le secteur privé. Le taux d’investissement attendu est en effet de 33,4% dont 23,2% venant du secteur privé et 10,2% du secteur public.
La croissance reste relativement forte dans le secteur primaire. Le taux d’acroissement du secteur est de 3,4%, et est surtout expliqué par un développement important du secteur agriculture. En effet, les efforts d’utilisation de fertilisants, de semences améliorées, de méthodes culturales modernes, d’irrigations bien entretenues et d’équipements modernes se focalisent sur le dédoublement de la production agricole en 2009. Par ailleurs, la reprise des activités dans le secteur du bois raffermira le développement de la sylviculture. Le secteur secondaire enregistre un taux de croissance fort de 11,1%. Cet accroissement résulte de la forte expansion dans l’industrie extractive, qui est expliquée par le début de production d’ilménites par la compagnie QMM en 2009. Les performances des branches « matériaux métalliques » et « matériaux de construction » pousseront également ce secteur d’activité à cause de la tenue du Sommet à Madagascar en 2009. La croissance du secteur tertiaire est de 8,8%. L’essor de la branche BTP grâce aux investissements aussi bien publics que privés, dans le domaine de la construction et l’amélioration des infrastructures est essentiellement à l’origine de cette croissance. La construction des infrastructures d’accueil pour le Sommet Africain de 2009 et l’extension de l’aéroport d’Ivato figurent parmi les principaux impératifs pour le gouvernement malgache. Les activités liées aux tourismes, aux transports de marchandises ou de voyageurs, au Commerce s'en trouveraient également favorisées.
En raison de la persistance des tensions sur l’arène mondiale, l’inflation moyenne mesurée par la variation de l’indice des prix à la consommation sera plus forte que prévue, soit 8,8% contre une prévision initiale établie à 7,5% en glissement annuel. La valeur des exportations en DTS connaitra une hausse par rapport à 2008. En effet, cette dernière passe de 960 millions de DTS en 2008 à 1 135 millions de DTS en 2009, si les importations en terme de DTS augmenteront de 7,0% par rapport à 2008, entraînant ainsi un déficit de la balance commerciale moindre que celui de 2008, de l’ordre de 17,6% du PIB.
En matière de finances publiques, l'année 2009 sera marquée par la continuité de la volonté du Gouvernement de mieux allouer les dépenses publiques et d’augmenter les recettes fiscales par la poursuite et la consolidation des réformes de la gestion des finances publiques déjà engagées depuis ces dernières années. De même, pour une gestion efficace des dépenses publiques et en conformité avec la politique du Gouvernement de promouvoir le développement à partir des régions, ces dernières seront impliquées dans la définition et la mise en œuvre de la politique budgétaire. L’objectif principal en matière de recettes fiscales sera d’atteindre un niveau de 2352,1 milliards Ariary correspondant à un nouveau taux de pression fiscale attendu de 12,5% contre 11,9% dans la Loi de Finances Rectificative 2008. Pour les dépenses publiques une programmation réaliste est établie en relation avec les nouvelles prévisions de recettes. Ainsi, les dépenses publiques totales pour l’année 2009 s’élèveront à 4 074,9 milliards Ariary contre une programmation de 3 481,6 milliards Ariary en 2008, soit 21,6% du PIB en 2009 aussi bien qu’ en 2008. Par conséquent, le déficit global (base caisse) sera de 910,5 milliards Ariary contre 731,7 milliards Ariary en 2008 correspondant à un déficit budgétaire passant de -4,5% du PIB en 2008 à -4,8% du PIB en 2009.
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